Arendt et Heidegger : La fille de Thrace et le penseur professionnel PDF

Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans arendt et Heidegger : La fille de Thrace et le penseur professionnel PDF réflexion contemporaine. Hannah Arendt est née à Hanovre en 1906. Son père était ingénieur de formation et sa mère pratiquait le français et la musique. Des deux côtés, les grands-parents étaient des Juifs laïcs.


Au-delà des rumeurs, l’ouvrage de Jacques Taminiaux est le premier à envisager le rapport de Hannah Arendt à Heidegger comme une relation intellectuelle dont l’exploration est décisive pour les choix philosophiques de notre temps. Partant du cours professé par Heidegger en 1924-1925 sur Le Sophisme de Platon, lieu de constitution de l’ontologie fondamentale, mais aussi lieu de rencontre pour Hannah Arendt d' » un ensemble de problèmes d’importance immédiate et urgente « , Jacques Taminiaux se propose de montrer que le grand livre de Hannah Arendt, The Human Condition, peut être lu aussi bien dans sa structure que dans ses thèmes – l’action, le monde, le principe d’individuation, le domaine public – comme une véritable réplique à Heidegger. Ironie de la fille de Thrace ? Hannah Arendt, au nom des affaires humaines et de la condition de pluralité, n’a de cesse de dénoncer les effets de l' » esprit de corps  » du penseur professionnel, à savoir une méconnaissance des articulations phénoménologiques de la vie active et les fallacesmétaphysiques qui brouillent les différences entre penser et agir, et finissent par absorber l’agir dans le penser. A ce jeu de miroirs qui dévoile aussi un conflit quant à la réappropriation de la philosophie grecque, la pensée de Hannah Arendt gagne un poids singulier qui coupe désormais court aux lectures étroitement politiques. La pensée de Heidegger, pour sa part, fait l’objet d’une enquête non plus historique, mais philosophique sur leschemins qui l’ont conduite à l’engagement nazi.Hannah Arendt-Heidegger : une ouverture nouvelle sur le débat multiséculaire quant à l’excellence du bios theoretikos (vie contemplative) ou du bios politikos (vie active).

Son père meurt en 1913 de la syphilis. La rencontre avec Martin Heidegger en 1925 est un événement majeur de sa vie, tant sur les plans intellectuel que sentimental. Cet événement a toutefois souvent fait ombrage à la contribution originale de Arendt et a souvent occupé une place disproportionnée dans la compréhension de sa trajectoire intellectuelle. En 1925, Arendt, est très jeune et voue une grande admiration à son maître, de dix-sept ans son aîné. La même année, elle obtient une bourse d’études qui lui permet de travailler jusqu’en 1933 à une biographie de Rahel Varnhagen, une Juive allemande de l’époque du romantisme, qui ne paraîtra qu’en 1958. Arrivée en France, elle devient la secrétaire particulière de la baronne Germaine de Rothschild et participe à l’accueil des réfugiés fuyant le nazisme.

Depuis Paris, elle milite pour la création d’une entité judéo-arabe en Palestine. Puis, elle gagne Marseille où elle obtient, grâce au Centre américain d’Urgence de Varian Fry, un visa pour le Portugal qu’elle rejoint en train. Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Allemagne, travaillant pour une association d’aide aux rescapés juifs. Après ces trois livres fondamentaux, elle couvre à Jérusalem le procès du responsable nazi Adolf Eichmann, en qui elle voit l’incarnation de la  banalité du mal . La même année, elle publie également Essai sur la révolution. En 1973, elle commence une série de conférences à Aberdeen sur  La pensée  et  Le vouloir  : elles constituent les deux premières parties de son livre posthume La Vie de l’esprit, dont elle n’a pas eu le temps d’écrire la troisième et dernière partie,  Juger . Elle meurt le 4 décembre 1975 à New York d’une crise cardiaque.