Art et liberté dans l’Idéalisme transcendantal : Kant et Schiller PDF

L’université Albertina de Königsberg, où Kant a enseigné. En 1740, il entre à l’université de Königsberg dans le dessein d’y étudier la théologie. En 1746, art et liberté dans l’Idéalisme transcendantal : Kant et Schiller PDF mort de son père l’oblige à interrompre ses études pour donner des cours : il est engagé comme précepteur par des familles aisées et il accomplit cette tâche durant neuf ans.


Notre monde actuel est dominé par le complexe des sciences, de la technique, de l’industrie, de l’économie, etc., complexe qui devient toujours plus impératif et s’étend comme processus au travers du globe tout entier. C’est donc lui qui compte aujourd’hui, puisqu’il s’occupe du  » réel ». Mais nous ne pouvons pas trouver satisfaction à ne faire que suivre ce processus; nous cherchons quelque chose d' »autre ». Or, l’art est précisément une instance en mesure de nous ouvrir à cet autre. Selon sa détermination première et fondatrice chez Platon, l’art est de l’ordre de l’apparence (fàntasma) qui se distingue du « réel ». Il nous libère ainsi de la prédominance du réel et nous emporte bien vers un ailleurs. C’est la philosophie de l’Idéalisme transcendantal qui, à l’époque moderne, thématise le rapport entre art et liberté. Kant pense la beauté propre à l’œuvre d’art comme symbole de notre liberté suprasensible pratico-morale; Schiller la voit comme symbole de notre liberté esthétique, proprement humaine. Après l’exposition de la problématique de l’art à l’époque contemporaine, l’ouvrage donne d’abord un aperçu sur l’histoire des positions majeures de la philosophie de l’art à partir de sa fondation à l’Antiquité grecque jusqu’à l’époque moderne et contemporaine. Ayant montré par là la continuité et les mutations du statut de l’art dans cette histoire, il présente ensuite le statut de l’art chez Kant et chez Schiller. Il contribue ainsi à penser de manière approfondie le sens de l’art aujourd’hui.

C’est également cette année-là qu’il publie sa première dissertation : Pensées sur la véritable évaluation des forces vives. En 1755, il obtient une promotion universitaire et une habilitation grâce à une dissertation sur les principes premiers de la connaissance métaphysique. Kant est le premier grand philosophe moderne à donner un enseignement universitaire régulier. En 1766, Kant demande et obtient le poste de sous-bibliothécaire, à la Bibliothèque de la Cour, fonction qu’il occupera jusqu’en avril 1772. En 1770, il est nommé professeur titulaire, après avoir écrit une dissertation intitulée De la Forme des principes du monde sensible et du monde intelligible. En 1781 paraît la première édition de la Critique de la raison pure.

Cet ouvrage, fruit de onze années de travail, ne rencontre pas le succès espéré par son auteur. Une seconde édition voit le jour en 1787. En 1786, il devient membre de l’Académie royale des sciences et des lettres de Berlin. En 1788 est publiée la Critique de la raison pratique et, en 1790, la Critique de la faculté de juger. Il recevait également très souvent de nombreux amis à dîner et déjeunait chaque midi avec un inconnu.

La philosophie théorique a pour but de répondre à la question  que puis-je savoir ? La philosophie pratique a pour objet la question  que dois-je faire ? La philosophie pratique s’intéresse aussi à la question  que puis-je espérer ? Elle montre que les idées transcendantales, bien qu’elles ne puissent pas devenir objets de notre connaissance, doivent être postulées pour permettre la moralité et l’espérance.

La connaissance doit ainsi être limitée par la raison elle-même afin de faire place à la croyance. La statue de Kant à Kaliningrad. D’autre part, et à partir des acquis de la Critique de la raison pure, Kant élabore une philosophie morale profondément nouvelle qui part du concept de loi morale valable pour tout être raisonnable, universelle et nécessaire, et de son corrélat, la  liberté transcendantale . Elle s’oppose donc aussi bien à l’éthique conséquentialiste, qui estime la valeur morale de l’action en fonction des conséquences prévisibles de celles-ci, qu’à l’eudémonisme, qui considère que l’éthique doit viser le bonheur. Enfin, dans la Critique de la faculté de juger, il exposa une théorie esthétique qui est le fondement de la réflexion esthétique moderne. La troisième Critique est aussi une réflexion sur la nature et la téléologie. Il existe de façon incontestable un  avant  et un  après  Kant dans ces trois domaines.