L’économie médiévale PDF

Si vous pensez l’économie médiévale PDF’il s’agit d’une erreur du serveur, veuillez contacter le webmestre. Il s’agit d’un arc médiéval très puissant, d’environ 2 mètres de long, très utilisé par les Anglais, à la fois pour la chasse et la guerre. Son utilisation par l’armée anglaise naît de ses déconvenues lors des guerres en Pays de Galles et en Écosse.


3e édition

Sensible au jeu complexe entre une évidente inertie séculaire (le temps immobile de la longue durée) et des changements incessants, mineurs et majeurs, ce livre de synthèse ne pouvait se contenter de la traditionnelle et schématique répartition du millénaire médiéval en trois périodes : haut Moyen Âge central, bas Moyen Âge. Il s’articule en huit séquences chronologiques.
Il pose le problème si controversé du passage de l’Antiquité tardive au Moyen Âge, s’interroge sur les raisons et les modalités de la croissance (perceptible dès le Xe, brosse un tableau nuancé de la situation à la veille de la Peste noire (1348), insiste sur le dynamisme de l’Occident, même lors de la Grande Dépression (1350-1450), évoque la nature contrastée de l’économie européenne quand débutent les Grandes Découvertes, qui vont modifier la donne en profondeur.
L’archéologie, les techniques, les variations et les aléas climatiques, auxquels les contemporains étaient si sensibles, la démographie, l’approche quantitative des phénomènes (production, prix, salaires, échanges), les cadres juridiques et mentaux à l’intérieur desquels se déployèrent les phénomènes économiques : autant d’aspects que ce livre entend prendre à son compte, en recourant à l’ensemble de la bibliographie internationale disponible.
Philippe Contamine est membre de l’Institut.
Marc Bompaire est directeur de recherche au CNRS.
Stéphane Lebecq est professeur à l’université Charles de Gaulle-Lille III.
Jean-Luc Sarrazin est professeur à l’université de Nantes.
Le premier Moyen Âge. L’héritage (Ve-VIIe siècle). Première esquisse d’une économie médiévale (VIIe-IXe siècle). Périls et adaptations : les conditions d’un nouveau démarrage (du milieu du IXe siècle au milieu du Xe). Du solidus d’or au denier d’argent : genèse de la monnaie médiévale.
La croissance (milieu Xe– début XIVe siècle). Généralisation et diversificarion de l’essor économique (930-1180). Apogée et blocages (1180-1300).
Le Moyen Âge tardif (début XIVe – fin XVe siècle). Avant la peste noire : une plénitude fragile. Essor et crises d’une économie monétaire européenne. Crises et rétraction. Turbulences et redéploiement (milieu XIVe-milieu XVe siècle). L’après-crise : promesses et incertitudes, 1460-1492.

Les Anglais décident alors d’y recourir massivement, ce qui permet de vaincre les piquiers gallois, puis écossais. De nombreuses solutions sont essayées par les Français pour neutraliser cette arme redoutée : mise à pied des combattants montés, augmentation de la surface protégée par des plates dans les armures, protection des chevaux, neutralisation des archers ou création des compagnies d’ordonnances et des francs-archers. En haut : arc composite en bois de citronnier, bois tropical et hickory. Il s’agit d’un arc simple, façonné d’une seule pièce dans de l’if, bois dont les qualités intrinsèques font qu’il se comporte comme un arc composite.

Il ne comporte pas de repose flèche : en position de tir, celle-ci repose sur la main d’arc de l’archer. L’arc en if présente cette particularité paradoxale d’être un arc simple, façonné dans un matériau d’une seule pièce, tout en se comportant comme un arc composite. Ceci sert d’amortisseur et d’arrêt de corde et accentue la propulsion de la flèche, tout en limitant ses vibrations. La fabrication de l’arc demande environ une journée de travail. Son coût compte pour la moitié du coût total d’un arc. Elle est cirée pour être prémunie contre la pluie.

Réplique du grand arc de guerre anglais « warbow » en bois d’if des Pyrénées, 2012. Les flèches sont transportées sur des chariots et fournies aux archers par faisceaux ligaturés de 12 ou 24. 12 ou 24 trous afin de passer les flèches. La puissance de l’arc et la technique de tir à 3 doigts imposent le port de gants de cuir. Il a peu de nœuds et est dénué de poches résinifères qui représentent autant de points de fragilité potentiels.

Richard II et Charles VII en firent planter. D’autre part, plus l’arc est long, moins il se courbe quand on l’arme et moins il risque d’atteindre ses limites d’élasticité. On peut potentiellement le contraindre davantage, gagnant alors encore en puissance. La puissance développée par l’arc pendant le tir est de l’ordre de 4 200 watts. Les flèches sont cependant incapables de percer une armure de plates à cette distance.

Les pointes bodkin étaient les plus utilisées du fait de leur caractère perforant et de leur facilité de fabrication. Le bassinet à bec de passereau est profilé pour dévier lances et projectiles arrivant de face. En fonction de l’effet recherché, l’archer a le choix entre plusieurs types de flèches. Les plus fréquemment utilisées sont les bodkin pointues de section carrée, particulièrement perforantes et faciles à produire. Dès lors, ce type de flèche est utilisé à courte distance contre l’infanterie lourde ou la cavalerie. C’est particulièrement à la tête qu’une pénétration de profondeur limitée est dévastatrice. Cette partie du corps est cependant bien protégée par le profil des bassinets de l’époque, étudiés pour dévier les lances.

Les autres points vulnérables du combattant sont le cou et les membres, où passent des troncs artériels susceptibles d’êtres sectionnés. Contre l’infanterie peu blindée ou les chevaux, les flèches à pointe large ou à barbillon sont largement plus dévastatrices, même à longue distance. Tirées par milliers, elles ne nécessitent pas d’être très précises et leur portée peut donc être allongée par réduction de l’empennage. Celles-ci étaient posées en vrac devant les archers ou plantées à même la terre. Cette dernière méthode permet de raccourcir au maximum le temps nécessaire pour tirer une flèche.

L’adversaire est alors soumis à une pluie de flèches, ce qui rend efficace un tir à longue portée où la perte de précision causée par la distance est compensée par la quantité de flèches envoyées. L’arc long a comme inconvénient d’être assez difficile à  apprivoiser  et de demander plus de technique et de force que l’arc classique. Des autopsies pratiquées sur des corps d’archers gallois ont révélé des distorsions spinales, témoins des contraintes subies. L’arc est en particulier réputé pour  secouer  le tireur au moment de la décoche.

De ce fait, l’arc gallois ne peut se pratiquer avec un viseur. On peut tirer soit en tir instinctif soit en  bare-bow . Le tir instinctif demande un long entraînement, car le cerveau doit connaître parfaitement le vol parabolique d’une flèche, qui varie en fonction de l’angle initial, de la puissance de l’arc et du poids de la flèche. D’autres archers changent le point d’ancrage sur le visage. Cela permet de l’attirer en terrain défavorable et de le contraindre à attaquer une position fortifiée au préalable : à Crécy l’armée anglaise se retranche sur un monticule, à Poitiers derrière des haies, à Azincourt derrière un terrain embourbé.