L’art face à la guerre PDF

Chine impériale, avec des buts limités et dans le cadre de règles généralement acceptées, l’art face à la guerre PDF les invasions barbares qui détermineront la stratégie défensive de la Chine derrière sa Grande muraille. L’œuvre est traduite en 1772 par le père jésuite français Amiot et connaît un grand succès avant de tomber dans l’oubli. 1949, ramènent l’attention sur ce manuel de stratégie indirecte.


Prévert s’écrie « Quelle connerie la guerre ! » dans son célèbre poème Barbara. Mais la guerre, nourrie par la pulsion de mort qu’a théorisée Freud, est aussi ce «?fait social total?» analysé par Marcel Mauss, qui bouleverse et stimule tous les plans de la société, y compris la création artistique. Cet ouvrage vise à analyser les quatre réponses principales de l’art et des artistes à la guerre, à travers les temps?: la représentation de la guerre en tant qu’événement historique, l’usage des arts dans la guerre à des fins de propagande ou de protection, l’art comme expression marquante du refus ou de la dénonciation de la guerre, et, enfin, la création d’une mémoire artistique de la guerre pour les périodes de paix.

Comme pour tous les ouvrages de l’Antiquité chinoise, transcrits sur des lamelles de bambou reliées par des ligatures de soie, la datation de L’Art de la guerre tel qu’il nous a été transmis se révèle très incertaine. L’Art de la guerre, qu’il remanie, sans qu’il soit possible de déterminer dans quelle mesure précisément. Si la littérature historiographique chinoise référence systématiquement l’œuvre au cours des siècles qui suivent, la taille et la structure du traité varient d’une source à l’autre. Le texte du traité de Sun Zi, dont 13 chapitres nous sont parvenus, aborde tout ce qui touche à l’élaboration de la stratégie et à la conduite des batailles.

D’abord, l’acmé de la stratégie militaire est d’obtenir la victoire sans effusion de sang. Chine impériale, et vise à l’accaparement des ressources et l’assujettissement des vaincus. Nul intérêt, chez Sun Zi, de détruire les ressources convoitées ou de tuer ceux qui seront demain nos sujets. Ensuite, la guerre consiste fondamentalement en la recherche d’un avantage comparatif, et il s’agit moins d’anéantir l’adversaire que de lui faire perdre l’envie de se battre.

Ce deuxième point implique de faire un usage de la force qui soit justement proportionné à la nature de l’objectif politique poursuivi. Il est fondamental, chez Sun Zi, de s’économiser, de ruser, de déstabiliser, et de ne laisser au choc que le rôle de coup de grâce assené à un ennemi désemparé. Ce troisième point est la projection directe dans les affaires militaires d’une philosophie traditionnelle chinoise qui tient en haute estime l’intelligence et le savoir en général. Le texte s’articule autour de 13 chapitres consacrés à l’analyse rationnelle des différentes dimensions de la guerre et qui dégagent les principes de la poursuite intelligente d’une guerre victorieuse. La structure organisationnelle est toutefois relativement lâche sur le plan des idées, dans la mesure où certaines notions se retrouvent sous diverses formes dans plusieurs chapitres. Ces cinq facteurs déterminent ensemble l’issue d’un engagement militaire. Les principes fondamentaux de l’économie de guerre et la nécessité de remporter rapidement les engagements décisifs.

Les campagnes militaires victorieuses exigent de limiter les coûts matériels et humains autant que faire se peut. L’unité d’une armée, plutôt que son nombre, fait sa force. Reconnaître les opportunités stratégiques quand elles se présentent, pour savoir quand avancer et quand reculer, sans ne jamais créer aucune opportunité pour l’ennemi en retour. L’habileté dans le commandement des troupes repose sur un usage créatif et agile de leurs capacités et aptitudes respectives, ainsi que dans la distinction entre ce qui doit être fait en secret et ce qui doit être exécuté ouvertement. Elle consiste à créer des dynamiques et prendre l’ennemi par surprise. Les affrontements directs, limités ou généraux, sont risqués. L’engagement d’une bataille décisive suppose des préparatifs nombreux de même qu’une excellente connaissance de l’environnement et de l’ennemi.