L’Asie du Sud-Est PDF

L’ASEAN a été fondée par cinq États, principalement de l’Asie du L’Asie du Sud-Est PDF-Est maritime : Philippines, Indonésie, Malaisie, Singapour et Thaïlande. Philippines, la Malaisie et la Thaïlande formée en 1961. Bangkok où ils signent la déclaration ASEAN communément appelée Déclaration de Bangkok. Tun Abdul Razak pour la Malaisie, S.


L’Asie du Sud-Est renoue avec la tradition des ouvrages de géographie consacrés aux grandes régions du monde. Mais il va plus loin dans la mesure où, tout en examinant en profondeur les fondements historiques des structures spatiales de « l’angle de l’Asie », il débouche sur une géographie très à jour de la dynamique des onze États qui la composent aujourd’hui. 
Dans la première partie, l’auteur dévoile la trame spatiale des héritages propres à l’Asie du Sud-Est, cette Asie maritime, montagneuse et tropicale qui dispose, en particulier dans sa partie continentale, de grands fleuves qui, tel le Mékong, forment de vastes plaines alluviales et des deltas. Les autres terres, les plaines et les mers ont elles aussi vu s’installer des sociétés distinctes, ayant su accueillir les apports de l’Inde et de la Chine, puis subir ceux des puissances coloniales européennes à partir du XVIe siècle. 
Dans la deuxième partie, les États sont étudiés selon des rapprochements comparatifs : les grands États archipels, Philippines et Indonésie, dont s’est affranchi le Timor oriental ; l’État dédoublé que représente la Malaysia ; de petits États milliardaires, la cité-État de Singapour et le sultanat de Brunei ; les États jumeaux non identiques que sont la Thaïlande et la Birmanie ; les États tampons du Laos et du Cambodge et enfin le Vietnam, réunifié après de longues périodes de division. 

Rodolphe DE KONINCK est professeur à l’université de Montréal où il est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques.

Thaïlande sont considérés comme les pères fondateurs de l’organisation. Cette création peut surprendre si on considère les différences de taille, de culture, d’expérience coloniale et les tensions dans la région depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle a abouti grâce à la diplomatie thaïlandaise qui s’est appuyée sur l’ASA. Le souhait originel était de promouvoir la croissance, le développement et la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels, scientifiques et administratifs, ainsi que la stabilité et la paix dans la région. Deux facteurs expliquent cette nouvelle dynamique : premièrement, la volonté de lutte contre la subversion communiste par le développement économique et social.

Deuxièmement la volonté que la région ne soit pas utilisée comme terrain de bataille de la guerre froide, notamment par une extension de la guerre du Viêt Nam. L’ASEAN n’a jamais été envisagée comme une alliance militaire. L’ASEAN reste minimale durant la première décennie et s’articule principalement autour de la rencontre annuelle des ministres des affaires étrangères. L’organisation remplit néanmoins des fonctions importantes. Elle offre un cadre pour la négociation sur les conflits régionaux, notamment à propos des frontières, comme la contestation de Sabah en Malaisie par les Philippines. Elle permet de coordonner leurs positions pour la négociation économique dans les forums internationaux, comme pour l’OMC et pour des négociations sur des questions particulières avec l’Union européenne, le Japon, ou l’Australie.

En 1971, ils signent la Déclaration de Kuala Lumpur qui proclame la région neutre et indépendante vis-à-vis des puissances extérieures, souhaitant éviter d’être impliqué dans la guerre froide. Ces déclarations traduisent le souhait des pays membres de coexister pacifiquement avec leurs voisins communistes : le Cambodge, le Laos et surtout le Viêt Nam unifié l’année précédente. Ces États signent le traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est à l’invitation de l’ASEAN. Fin décembre 1978, le Viêt Nam envahit le Cambodge des Khmers rouges qu’il occupera pendant une décennie.

Cette action va à l’encontre du traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est et menace la stabilité de la région. Les pays de l’ASEAN sont divisés entre d’une part la Thaïlande et Singapour souhaitant opposer une réponse forte et d’autre part la Malaisie et l’Indonésie qui souhaitent une réponse modérée justifiée par leurs craintes que la Chine profite du trouble pour intervenir et renforcer son influence dans la région. Les pays membres cherchent à résoudre la crise en passant par l’ASEAN. Un accord émerge entre eux, consistant en l’isolement du Viêt Nam tout en offrant au Viêt Nam la possibilité de négocier pour retirer ses troupes du Cambodge.

Ils convainquent les institutions internationales et les pays occidentaux d’exercer une pression diplomatique et financière sur le Viêt Nam pour permettre, entre autres facteurs, de mettre fin à la crise. Le bloc s’agrandit avec l’entrée du Brunei le 8 janvier 1984, une semaine après son indépendance. Les grandes puissances commencent à considérer les pays de l’ASEAN comme des partenaires commerciaux. De plus les pays d’Afrique et d’Amérique latine se tournent vers eux pour trouver un modèle de développement économique.

En 1994 est créé le Forum régional ASEAN qui permet de discuter des questions de sécurité d’Asie du Sud-Est. L’ASEAN réussit à rassembler les grandes puissances et les pays membres sont ainsi garantis d’être au centre et de peser sur les débats sur la sécurité de la région. La fin de la guerre froide en Asie du Sud-Est peut être datée du retrait de l’armée vietnamienne du Cambodge en 1989. La crainte du Viêt Nam constituait le ciment de l’ASEAN.

Les pays membres cherchent donc de nouvelles directions pour l’ASEAN qui se traduisent au sommet de Singapour de 1992 par deux initiatives, l’AFTA et l’élargissement vers les pays de l’ex-Indochine. Le projet de coopération économique remonte à la fondation de l’ASEAN, mais ne démarre sérieusement qu’en 1991 sur l’initiative thaïlandaise de créer la zone de libre-échange des pays de l’ASEAN. L’AFTA doit servir à augmenter les investissements dans la région et à poursuivre la libéralisation des économies des pays membres. L’ASEAN regroupe alors la quasi-totalité des États d’Asie du Sud-Est.

Elle renforce son poids démographique grâce aux 80 millions d’habitants du Viêt Nam, offre un grand marché pour l’AFTA, améliore la stabilité de la région et améliore la visibilité internationale de la région. L’ASEAN élargie connaît cependant des problèmes et des divisions entre les pays fondateurs et les nouveaux arrivants. La crise économique asiatique débute par une crise monétaire, avec la dévaluation du baht thaïlandais en juillet 1997 et se répand en Indonésie et en Malaisie et dans une moindre mesure aux autres pays de l’ASEAN. La crise montre l’incapacité de l’ASEAN à régler la crise mais convainc les pays d’améliorer la coopération financière et monétaire pour éviter une nouvelle crise.