L’EROTISME PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Portrait d’L’EROTISME PDF Thomas par Alberto Vargas, 1920.


L’érotisme peut aussi désigner, par extension, la nature de la relation qui s’instaure entre des individus à la suite de cette attirance. L’érotisme vient d’un jugement esthétique, conscient ou non, lié à l’attrait sexuel. En ce sens, il a fourni beaucoup de matière aux représentations artistiques. Jouant généralement sur l’imagination, l’implicite ou la suggestion, il s’oppose à des représentations plus crues ou plus explicites de la sexualité, qu’on range dans le domaine de la pornographie. L’érotisme est souvent lié à la stimulation de l’imagination provoquée par la vue d’une autre personne.

De la même manière, l’érotisme est souvent stimulé par l’ambiguïté d’une attitude, la suggestion, le non-dit, voire la promesse d’une situation future, car l’imagination et le désir sont également mieux sollicités dans ces cas, que lorsque tout est déjà gagné ou donné. Cela peut être utilisé comme un ressort de séduction par de nombreuses personnes, consciemment ou inconsciemment. Article détaillé : Histoire des représentations érotiques. La pornographie n’est donc pas un érotisme plus  corsé . Elle appartient à un autre domaine sémantique.

Les termes anglais de  soft  et  hard  sont alors utilisés pour différencier la valeur de ces deux termes que l’on met dans le même domaine sémantique, l’érotisme étant  soft  et la pornographie  hard . Comme la distinction entre  soft  et  hard  reste propre à l’appréciation de chacun, il est clair que l’utilisation dans le langage courant des termes de  pornographie  et  érotisme  rend difficile et souvent confuse toute analyse du sujet. L’érotisme étant « plus noble », on appelle plus facilement « pornographique » ce qui est fait par un autre. Socrate reliait étroitement le thème de l’Éros et celui de la vérité, de nature divine. Le philosophe Michel Henry fait une description phénoménologique de l’érotisme et de la relation amoureuse dans son livre Incarnation, une philosophie de la chair. Jean-Clet Martin traite le rapport de l’érotisme à l’éternité : 100 mots pour jouir de l’érotisme, éd. Selon Georges Bataille, il n’y a érotisme que pour un individu fini, centré sur lui-même, et qui se sent pourtant poussé à se fondre, au risque de s’y perdre, en une communauté avec autrui, communauté charnelle, communauté du sentant et du senti, écrit Lévinas pour décrire la proximité sensible des corps, c’est-à-dire la volupté.

Ainsi, l’acte amoureux participe de la profanation. L’érotisme est une joute, où il s’agit d’amener l’autre à sortir de son retrait, à s’exposer. La caresse serait selon Sartre une véritable incantation. Elle invite le partenaire à investir son corps, à être son corps, à s’offrir, non comme pure chair, mais comme chair habitée par une personne, une liberté. Mais, note Michel Leiris,  tenir le sacré  c’est finalement le détruire en le dépouillant peu à peu de son caractère d’étrangeté . Toujours dans Le Banquet de Platon, on voit Socrate expliquer que l’érotisme vise plus haut que la communauté et la complémentarité des amants, qu’il fait signe vers le Vrai. Comme la religion, l’érotisme confronte l’individu à une puissance créatrice qui le dépasse.