La déportation racontee à des jeunes : Parole et témoignage d’un ancien déporté PDF

Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et rejoint la déportation racontee à des jeunes : Parole et témoignage d’un ancien déporté PDF 1922 l’aventure surréaliste. Dans les années 1924-1929, Desnos est rédacteur de La Révolution surréaliste mais rompt avec le mouvement quand André Breton veut l’orienter vers le communisme. En 1940, après la défaite de la France face à l’Allemagne nazie, il redevient journaliste pour le quotidien Aujourd’hui, et dès juillet 1942 fait partie du réseau de résistance AGIR.


En mai 1943, Roger Boulanger, jeune Mosellan âgé de 17 ans, a refusé d’être incorporé dans la Wehrmacht sous l’uniforme allemand. Interné à la prison de Sarreguemines, puis déporté au camp de Natzweiler-Struthof, il a été transféré en Allemagne dans un kommando dépendant du camp de Flossenbürg. En avril 1945, il a survécu à l’évacuation des camps et aux  » marches de la mort  » en parvenant à s’évader. De retour en France, il s’est enfermé comme la plupart de ses camarades déportés, dans un long et profond silence dont il n’est sorti qu’en 1985, en partant à la rencontre des élèves et des enseignants des collèges et des lycées de Reims. Tout en confrontant ses souvenirs de déporté aux travaux des historiens, il a entrepris lui-même des recherches dans les archives allemandes, et n’a cessé dès lors de témoigner. Ce long travail de mémoire trouve son aboutissement dans ce livre-témoignage qui répond aux questions posées par les jeunes d’aujourd’hui, auxquels Roger Boulanger adresse un appel à la vigilance :  » L’horreur est à nos portes, l’épuration ethnique en Europe, en Asie, en Afrique fait ou a fait rage. Nos biens les plus précieux sont la vie et la liberté. Toute atteinte à la dignité de l’homme et à ce fragile édifice qu’est la démocratie doit mobiliser tous les hommes et les femmes de bonne volonté « .

Il est le second enfant de Lucien Desnos et Claire Guillais. En 1902, la famille s’installe dans le quartier populaire des Halles où son père est mandataire pour la volaille et le gibier, mais également adjoint au maire de l’arrondissement. Gérard de Nerval avait d’ailleurs trouvé là une source à ses voyages imaginaires. Mais ce Paris interlope des artisans et des commerçants marque profondément l’enfant et apparaîtra abondamment dans son œuvre. Robert Desnos en premier communiant, 1911. Desnos dessine d’étranges formes sur ses cahiers.

Desnos fait sa première communion en 1911 en l’église Saint-Merri. Il s’ennuie profondément et ne supporte pas le discours patriotique qui s’y développe. Fantômas, dont les exploits sont relatés au cœur d’ouvrages bariolés. Il plonge avec délice dans ce romantisme de gare engendré par Les Mystères de New York, ou de Chicago, voire de Paris. Avec le cinéma, ses aventures livresques deviennent presque réalité.

De tout cela, Desnos témoignera dans ses récits et ses critiques de films. Pour l’heure, il n’est encore qu’adolescent lorsqu’en 1916, avec pour seuls bagages un certificat d’études acquis en 1913 et son brevet élémentaire, il décide de quitter l’école Turgot. Desnos, buvant l’eau vive de ce qui s’offre à lui, se forge une solide et vaste culture autodidacte. Pendant que le premier conflit mondial s’éternise, il fréquente des jeunes gens en commune révolte contre cette boucherie des tranchées. Ce Fard des Argonautes, daté de 1919, et publié la même année dans la revue d’avant-garde Le Trait d’union, oscille entre illuminations d’un certain Bateau Ivre et grand fourre-tout mythologique issu des magazines à sensation.

Son éveil à la chair ne s’est également pas fait sérieusement. Dans cet immédiat après-guerre, Desnos devient secrétaire de Jean de Bonnefon et gérant de sa maison d’édition. Il fréquente des gens infréquentables, des anticonformistes clopinant du côté de l’hôtel de ville. Vers 1920, grâce au poète Louis de Gonzague-Frick, il est introduit dans les milieux littéraires modernistes.