Les perversions : Tome 2, Le sadisme PDF

Une perversion désigne, dans un sens général, une inclination à des conduites considérées comme  déviantes  par rapport aux règles et croyances les perversions : Tome 2, Le sadisme PDF d’une société. Le terme recouvre toutefois plusieurs champs sémantiques et différentes définitions.


C’est de la perversion que Freud part pour tenter de cerner ce qu’est la sexualité spécifique à l’être humain. La sexualité de l’homme, contrairement à celle de l’animal, est une sexualité essentiellement déviante par rapport à ce que serait le processus d’un instinct. Sadisme et masochisme ne font pas couple comme le pense l’opinion commune, ou comme le croit, ou l’espère, le masochiste qui, lui, rêve d’un sadique qui serait à ses ordres. Si le partenaire du masochiste est généralement un bouffon, un acteur ou un roublard, qui est donc le partenaire du sadique ? Lacan nous le désigne dans le texte de Sade : c’est l’innocent. Entre le sadique et l’analyste, la rencontre n’a pas lieu. C’est plutôt le cabinet du magistrat que le sadique fréquente. Un décryptage lisible du Kant avec Sade de Lacan.

En matière de mœurs, la notion de perversion a beaucoup évolué en fonction des époques et des normes, religieuses et pénales entre autres. Dans ce registre, le mot fait souvent allusion à la sexualité : il désigne alors des perversions sexuelles ou des conduites considérées comme telles, qu’elles soient définies comme pathologiques ou non. En psychiatrie, le terme se réfère la plupart du temps à des conduites immorales ou amorales considérées comme déviantes. Il désigne néanmoins pour beaucoup une structure psychopathologique établie. En psychanalyse, Sigmund Freud a d’abord inclus la perversion dans le cadre de la sexualité, pour l’étudier ensuite dans une perspective psychogénétique de fixations et de régressions. Il situe la perversion dans les pulsions qui visent une satisfaction  polymorphe , ou détournée, c’est-à-dire un but autre que génital.

C’est surtout l’adulte qui, dans son développement, est l’enjeu de la dynamique des fixations et des régressions, et qui peut développer une perversion dans le sens psychopathologique. La perversion devient alors, dans un deuxième temps, l’expression de la pulsion d’emprise, et elle se manifeste dans la relation à l’objet. Les termes de perversion morale ou de perversion narcissique sont parfois utilisés pour marquer cette distinction. Ils sont synonymes du terme perversion, dont la perversion sexuelle est une des formes possibles. De rares auteurs distinguent perversion et perversité. Il exprime un concept décrivant les types de comportement qui sont contraires à l’éthique humaine selon la perspective de la psychanalyse. Lacan cite régulièrement Les structures élémentaires de la parenté de Claude Lévi-Strauss.

Il s’agit d’un mécanisme de défense, c’est-à-dire d’un phénomène psychique qui vise à éviter une souffrance interne, et qui utilise l’autre comme une chose, un instrument ou un support permettant d’extérioriser ce qui est considéré comme insoutenable ou déstructurant pour l’individu qui utilise un fonctionnement pervers afin de s’en prémunir. Lorsque ce mécanisme tend à valoriser l’égo, l’image extérieure de soi, on parle parfois de perversion narcissique, bien que ce terme soit peu utilisé dans le cadre médical et psychanalytique : toute perversion est en effet intrinsèquement un trouble du narcissisme. Lorsque ce mécanisme est porté sur les relations sexuelles, on parle de perversion sexuelle. En ce qui concerne les conduites sexuelles, Sigmund Freud se situe à la fois dans la continuité et dans la rupture par rapport au discours médical de son époque. Freud ne s’attarde pas à décrire ces  aberrations sexuelles , il reprend en les survolant les descriptions de Krafft-Ebing, Havelock Ellis, Albert Moll, J. Il se consacre alors à ce qui lui importe : les mécanismes psychiques à l’œuvre dans la sexualité.

Freud apporte à l’observation clinique des aberrations sexuelles une description que l’on pourrait qualifier de structuraliste avant la lettre. En effet, au lieu d’opposer les vices aux maladies comme certains de ses prédécesseurs ou la normalité à l’anormalité, Freud fait un tableau clinique descriptif de ces déviations fondé sur ce qui est appelé leur  objet  et leur  but , dans la traduction française. Ces conditions correspondent à des retours à des positions psychiques ayant été vécues dans l’enfance du sujet. Dans cette description, Freud veut montrer que la perversion n’est pas un mécanisme qui se situe à l’écart de la vie sexuelle, mais qu’elle en fait intégralement partie.

Ce n’est que dans certains cas, quand il y a  exclusivité et fixation, que nous sommes justifiés en général de considérer la perversion comme un symptôme morbide . L’originalité de la description freudienne, c’est qu’il déplace le centre d’intérêt sur l’étude des perversions sexuelles. C’est surtout le deuxième des Trois essais sur la théorie de la sexualité qui fut remarqué à l’époque de sa publication. Rappelons simplement que Freud veut montrer que la vie psychique commence dès la naissance, par la création d’espaces de plaisir situés au-delà de la satisfaction des besoins physiologiques, mais s’appuyant sur ces derniers. Dans ce sens, Freud qualifie l’enfant de  pervers polymorphe  pour exprimer le fait qu’il découvre son corps et le monde autour de lui à travers ses pulsions partielles. Pour l’enfant, cette découverte est saine car elle accompagne le passage d’un stade à l’autre.

L’être humain expérimente donc la vie pulsionnelle au travers de plusieurs zones érogènes. Progressivement, il accédera à une conscience de son unité corporelle mais il restera marqué par ce morcellement pulsionnel initial. D’ailleurs, remarque Freud,  les préliminaires amoureux ne renvoient-ils pas aux satisfactions partielles chez l’être humain : le plaisir de regarder ou de montrer n’est-il pas une pulsion partielle ? Il en est de même des baisers, des caresses de tout ordre qui peuvent précéder l’acte génital. Depuis 1895, Freud cherchait à montrer qu’il existe en tout être humain une instance dont il n’est pas maître et qu’il appelle l’inconscient, que l’on peut considérer comme le principal moteur du psychisme. Le déni est donc le mécanisme inconscient fondamental de la perversion.