Ozu à présent PDF

Affiche du film Voyage à Tokyo de Yasujirō Ozu. Affiche du film Les Contes de la lune vague après la pluie de Kenji Mizoguchi. Une présentation du vitascope qu’Edison aligne ozu à présent PDF ses concurrents français est faite à Osaka puis à Tokyo, mais la première caméra importée au Japon par Shiro Asano porte la marque Lumière.


Cinquante ans après la mort de Yasujirô Ozu, ses films paraissent toujours actuels. Gosses de Tokyo, Printemps tardif, Le Goût du saké continuent de surprendre, d intriguer, d inspirer leurs spectateurs. Ce sont les différentes formes de présence du cinéma d Ozu dans la création et la pensée contemporaines que cet ouvrage tente de découvrir. Il était donc naturel de faire appel à des spécialistes, appartenant à des générations différentes et qui viennent d horizons proches ou lointains, du Japon aux Etats-Unis en passant par l Europe, pour arpenter cette voie nouvelle. Avec des approches variées, ces universitaires, critiques et artistes, tous amateurs du cinéaste de Voyage à Tokyo, éclairent la singularité de ses uvres et la nature de leur rayonnement. Ils nous invitent à emprunter des chemins de traverse pour dessiner les contours d un territoire ozuien. Tout d abord en précisant l évidence des hommages rendus par Wim Wenders, Hou Hsiao-Hsien, Pedro Costa, Claire Denis, Abbas Kiarostami, et Victor Erice qui font écho à la joyeuse sobriété du maître japonais. Puis, des résonances plus imprévues sont proposées du côté de Chantal Akerman, Takeshi Kitano, Terrence Malick, Hong Sang-Soo, Gus Van Sant, Alain Resnais, ou Kiyoshi Kurosawa… L exigence formelle et la liberté de ton des auteurs cités renouvellent les formes d expressions chères à Ozu, comme la durée prolongée, le point de vue flottant, la répétition narrative. Encore de nos jours, cette cinématographie reste au c ur de la réflexion sur la modernité artistique, philosophique ou culturelle. Au terme d un parcours qui relève l importance actuelle de Yasujirô Ozu, c est au cinéaste japonais lui-même que reviendra le dernier mot.

La première star japonaise est un acteur de kabuki, Matsunosuke Onoe, qui apparaît dans près d’un millier de films entre 1909 et 1926. Shōzō Makino popularise le genre jidaigeki. Il tourne en décors naturels, prologue à la sortie du film japonais de l’univers théâtral. Les films sont encore muets, et les cinémas emploient des benshi, qui commentent ou interprètent la bande-son des films, parfois accompagnés de musique jouée par un orchestre. Daisuke Itō est peut-être le premier cinéaste, au sens d’utiliser le médium cinéma comme expression artistique en tant que telle et non seulement comme une production industrielle, lorsqu’il réalise en 1927 Journal de voyage de Chûji, après avoir écrit de nombreux scénarios de commande.

C’est ce contexte qui favorise l’émergence ou impose une autre orientation : libéré des contraintes figées du théâtre, l’intérêt pour la vie quotidienne au sein du foyer japonais se développe afin d’éviter les thèmes idéologiques. Le 26 février 1936, des officiers fomentent un coup d’État qui échoue mais qui symbolise l’essor inexorable du militarisme. Au début de la guerre sino-japonaise, une loi mettant la production cinématographique sous contrôle du gouvernement est mise en place le 1er octobre 1939. Les professionnels doivent avoir une autorisation du pouvoir japonais. Cette même année Le Goût du riz au thé vert de Yasujirō Ozu ne passe pas cette censure préalable.