Petites filles d’autrefois : 1750-1940 PDF

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d’Alsace. Ses habitants sont appelés petites filles d’autrefois : 1750-1940 PDF Saâlois. Saâles est au centre d’un plateau de deux kilomètres de long à une altitude moyenne de 560 mètres, sur le ruisseau de Fraize.


Le centre du village est situé à une altitude de 556 mètres, à la base du Sapinsus, encore orthographié en français Sapin-Dessus. Le modeste territoire communal de 988 ha est en amont de la vallée de la Bruche, entre 516 mètres et 836 mètres d’altitude. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. L’habitat saâlois, affichant encore une densité supérieure à 86 habitants par kilomètre carré, est remarquablement regroupé à proximité de la bourgade autrefois marchande.

L’installation humaine déterminée par les pentes vigoureuses et le plateau retenant autrefois les eaux reste néanmoins fort singulière pour une ancienne commune vosgienne, en tout cas connue pour être un des cœurs d’échanges vosgiens depuis des millénaires. Sur le rebord des collines, Fraisegoutte et Frémont, Sainte-Barbe près de sa chapelle se distinguent assez peu du centre. Le Chêne s’étale isolé sur le plateau. L’écart de la Voistine, près de la voie ferrée en aval de Saâles, occupe un point bas du plateau à 530 mètres d’altitude, entre deux ruisseaux qui se rejoignent, l’Herbagoutte et le ruisseau aménagé de Fraise. Le ban communal de Saales apparaît tassé dans un coin sud-ouest du Bas-Rhin. L’ancienne frontière franco-allemande était marquée au col de Saales.

Le paysage autrefois dégagé était remarquable. Au levant du plateau de Saâles, apparaît le Climont, butte témoin gréseuse en forme de tombeau qui culmine à plus de 974 mètre d’altitude. Une barrière de monts entrave l’observation de l’ouest au nord : d’abord, le Haran dévoile une forme granitique arrondie, masquée par les importantes coulées de roches volcaniques permiennes, autrefois concassée pour l’empierrement, à sa gauche. Il ne faut pas oublier que la montagne de Lune couverte de grands sapins et de hêtres depuis les années 1890 a été, depuis des temps immémoriaux, une vaste chaume.

Le vaste plateau herbeux commençait sur la chaume de Belfays se prolongeant vers Haran et s’alignait vers le nord, du col du Hang à la chaume de la Chatte Pendue et au-delà montant vers le Donon. La majeure part de cette grande montagne appartenait au pays de Salm : bêtes à cornes et cochons passaient l’estive sur ces grandes chaumes qui se sont désagrégées sous le strict régime de propriété instauré à la fin de l’ancien régime et aux époques révolutionnaires. La ligne de partage des eaux entre Bruche et la Fave du val de Saint Dié part ainsi du Haran, au Voyemont pour gagner le Hang et le Climont, qui surplombe Lubine. Le plateau de Saâles est né avec la fosse d’effondrement homonyme au début du Tertiaire ou Cénozoïque, lorsque les plaques ont amorcé d’intenses dislocations. Sur le terrain, les roches gréseuses apparaissent avec leurs particularités et leurs variétés, sources de richesses pas seulement par la contemplation ou l’étude géologique.

Au sommet du Labateux, une variété de roche calcaire donnait une pierre à chaux excellente. L’intense activité tectonique du graben alsacien a, en plus de son action disloquante par réactivation des failles anciennes et par génération d’un grand nombre de nouvelles failles entraînant la formation de fossés d’effondrement sur la longue durée, intensément fissuré les roches dures et compactes du socle ancien. Les modelés glaciaires et péri-glaciaires ont marqué sans qu’on s’en doute le relief. Les formations glaciaires couvrent – il y a plus de huit mille ans selon des modèles récents – l’ensemble des hauteurs au-dessus de 600 mètres d’altitude, ligne d’équilibre nivale où les neiges accumulées en hiver ne fondent quasiment plus en été. Au cours des phases de fonte, les zones basses ont été ennoyées et souvent déblayées lors des vidanges. L’observation des terrains sédimentaires récents et anciens a induit les anciens géologues des années 1870 à concevoir un immense lac remplissant le val de Saint-Dié pour expliquer les dépôts. Cette croyance en un plan d’eau stabilisé n’a pu être prouvée.

Après la fonte des glaces et l’instauration de climat frais et humide, l’expansion d’immenses tourbières a contribué à réguler l’écoulement de l’eau dans, les vallons et dans les fonds du plateau. Le fossé de Saales est une zone d’effondrement de 6,5 à 7 km de longueur non uniforme. Les terrains sédimentaires du Permien, puis du Trias qui remplissent ce fossé ont basculé, formant une pente de l’est approximativement à 700 mètres vers l’ouest à 530 mètres d’altitude. Daubrée, professeur de minéralogie à Strasbourg, a étudié en 1850 la minéralisation en fer de la faille de Saâles-Champenay. Fracture majeure, elle sépare les grès triasiques du socle primaire.