Rwanda : Crise identitaire et violence collective PDF

Cette question semble ainsi obnubiler un ministre qui n’a visiblement pas d’autres préoccupations plus importantes, c’est dire si la France va rwanda : Crise identitaire et violence collective PDF et est admirablement gérée. Comme d’habitude, on oublie de se tourner vers le droit, qui a pourtant des éléments de réponse. C’est là que sont définies les conditions très strictes de l’acquisition de la nationalité.


A partir de différentes observations auprès d’exilés ayant été victimes de violences collectives dans leurs pays d’origine, je me suis intéressé à la question des mécanismes psychiques individuels ainsi que les facteurs socioculturels qui surdéterminent la survenue des crimes de masse. Ainsi, c’est dans le cadre d’une thèse de doctorat (à l’Université Paris Diderot – Paris7) que j’ai formulé différentes hypothèses de réflexion sur la problématique des violences collectives. Cela à partir de certains concepts fondamentaux de la psychanalyse et de la psychopathologie. Cependant, afin de mener des recherches approfondies, il a été nécessaire de s’appuyer sur des travaux de divers domaines scientifiques permettant de prendre un certain recul par rapport aux événements. Plus particulièrement, j’ai privilégié non seulement la prise en compte de l’histoire collective en ce qui concerne la récurrence des conflits identitaires dans certains pays – le cas du Rwanda par exemple, mais aussi l’importance de l’histoire individuelle chez certains sujets : ceux qui soufrent des séquelles des violences de masse dont ils ont été directement victimes, et ceux qui transmettent à leur descendance l’héritage des traumatismes endurés dans le passé. Car, selon mon hypothèse de départ, il n’y a pas d’interaction entre individu et collectivité sans la dimension historique.

Je rassure toutefois notre ministre bien-aimé, le droit se contente en fait de dire qui est français, pas ce que c’est. Le droit est en effet une matière bien trop sérieuse pour perdre son temps avec des questions qui n’ont pas vraiment de réponse, puisque chacun a la sienne et qu’aucune ne peut prétendre être la bonne. Ce sont les Français d’origine, ainsi appelés car ils sont français dès l’instant de leur naissance, sans avoir rien demandé à personne. Mes lecteurs les plus sagaces auront tout de suite vu la difficulté : le problème n’est pas réglé, il n’est que transféré à la génération précédente. Un mot sur la possession d’état, notion importante, à tel point que le législateur s’est abstenu de la définir.

Comme vous le voyez et contrairement à une légende colportée par le Front national, le seul fait de naître en France ne suffit pas à conférer la nationalité française. Le droit du sol existe, mais pour faire effet dès la naissance, il faut que ce soit un double droit du sol : être né en France d’un parent lui-même né en France. La deuxième catégorie est celle des Français par acquisition. Non, ce ne sont pas les descendants d’esclaves achetés pour les colonies, ce sont les Français qui ne sont pas nés Français mais le sont devenus par la suite. Viennent ensuite les conjoints du président de la République, qui bénéficient d’une procédure médiatique à effet immédiat.

Aucun article de loi ne prévoit cela, mais depuis quand la loi s’applique-t-elle au plus haut du pouvoir ? Français le jour de ses 18 ans l’enfant né en France de parents étrangers qui réside en France le jour de ses 18 ans, et qui y a résidé au moins 5 ans, de manière continue ou non, depuis ses 11 ans. Qu’une seule condition défaille, et il n’y a pas d’acquisition de la nationalité. Dans ce dernier cas, il est réputé n’avoir jamais été français. France de parents étrangers peut anticiper cette acquisition par déclaration : soit lui-même à partir de ses seize ans, soit ses parents en son nom à partir de ses treize ans. Dans ce dernier cas, la condition de 5 ans de résidence court à compter de ses 8 ans.

La loi permet à des étrangers se trouvant dans certaines situations précises d’obtenir la nationalité par déclaration. Il s’agit d’abord des mineurs adoptés par des Français, recueilli légalement par des Français depuis 5 ans, ou l’Aide Sociale à l’Enfance depuis 3 ans, ou par un organisme agréé qui lui a permis de suivre un enseignement en France pendant 5 ans. Cela recouvre aussi les étrangers invoquant 10 ans de possession d’état de français. Quatrième et dernière catégorie : les français par décision de l’autorité publique. Le cas le plus fréquent est celui de l’étranger qui le demande. La demande se fait en préfecture, et c’est là sans doute le service préfectoral le plus sinistré de tous. C’est une honte, un scandale sans nom.