Sciences économiques et sociales, seconde PDF

XIXè siècle que les modifications territoriales ont été les plus importantes. Par la suite, la jeune république nord-américaine a eu une politique expansionniste notamment vers le sud ouest remettant peu à peu en cause les tracés des frontières fixées par le traité Onis-Adams de 1819. Carte de l’évolution du tracé de la frontière entre le Sciences économiques et sociales, seconde PDF et les Etats-Unis. Territoires successivement perdus par le Mexique au profit des Etats-Unis entre 1830 et 1860.


Cependant, à la suite de cet accord, pourtant ratifié par les deux pays, plusieurs remises en cause vont avoir lieu. Par la suite, en 1848, les troupes nord-américaines envahissent Mexico, obligeant le gouvernement mexicain à accepter la perte de la Californie et du nouveau Mexique. Etats-Unis constituent alors la puissance montante. Tous ces évènements ne sont pas sans conséquence sur les relations qui ont été marquées par un certain nombre de rancoeurs de la part du peuple mexicain vis-à-vis du voisin américain. La frontière endosse alors aussi une dimension de limite culturelle, économique et politique.

Plus largement, les Etats-Unis ont construit une image attractive autour de leur mode de vie. Cette image a largement contribué à attirer non seulement des migrants mexicains, mais aussi des migrants venus de l’ensemble de l’Amérique centrale et du sud. Bien souvent, la migration est vécue comme une possibilité de trouver un travail, construire une nouvelle vie. 1965, avec la suppression des accords bilatéraux qui permettaient aux braceros de travailler de façon temporaire aux Etats-Unis que commence à augmenter le nombre des migrants illégaux. Etats-Unis selon le recensement de 1990. En 2006, d’après les données de l’US Census Bureau, la population d’origine hispanique atteint plus de 43 millions d’individus aux Etats-Unis.

Ce graphique permet d’avoir une idée plus détaillée du poids que représente la communauté hispanique aux Etats-Unis en 2006, communauté ayant des origines diverses, mais dont l’écrasante majorité provient du Mexique. Par ailleurs, il faut aussi s’intéresser à la localisation de ces populations. Bush ne prenne officiellement la décision de construire en dur, un mur le long de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, cette idée a largement occupé les esprits tant de certains citoyens américains que de certains hommes politiques d’envergure locale ou nationale. Mais avant de parler de mur à proprement parler, sans doute peut-on trouver dans les différentes mesures de surveillances humaines, technologiques et matérielles une volonté de rendre étanche cette frontière soumise à une forte pression démographique, migratoire. Non seulement les forces de police officielle, les Border Patrol, mais aussi toute une kyrielle de milices citoyennes tentent de surveiller cette frontière longue de plus 3200 km. La surveillance des autorités officielles se construit autour de patrouilles le long de la frontière.

Ce sont officiellement les Border Patrol qui sont chargés de la surveillance de la frontière. Les moyens ont été continuellement augmentés au cours des dernières décennies sans que le flux des migrations ne soit véritablement ralenti et que le nombre de clandestins passant la frontière ne se réduise. Un Véhicule des « Border Patrol » qui circule le long de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. En plus de moyens humains, le recours à des dispositifs de vidéo surveillance et autres instruments électroniques ont vite trouvé leur place dans l’arsenal de contrôle. Le long de cette longue frontière découpant le continent nord américain d’Est en Ouest, beaucoup de lieux constituent des points de passage. A côté des autorités officielles, plusieurs milices privées composées de citoyens américains, de militaires et de policiers à la retraite, mènent une véritable campagne de surveillance le long de la frontière. Leur approche est à la fois pragmatique et politique.

Ces milices se situent très à droite sur l’échiquier politique américain, voire à l’extrême droite. Tout un équipement composé de GPS, de caméscopes, de lunettes infrarouge, de jumelles, de munitions, d’armes et aussi de drones, tenues de camouflage et autre véhicules 4×4 composent l’arsenal de surveillance et de dissuasion qu’ils rassemblent. Autour de la ville de Tombstone par exemple, ils y mènent un véritable travail tant politique que de terrain en surveillant la frontière. D’autres milices existent également, comme l’American Border Patrol qui conçoit la frontière comme la première ligne de défense du pays. Leur vision est simple : les miliciens sont investis d’une mission de défense et doivent suppléer les manquements de l’Etat. Un panneau indique que 358 personnes sont mortes à cet endroit de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Bref, avant même que le mur soit bien réel, la frontière est le terrain d’oppositions et de tensions entre migrants et certains américains rejetant les étrangers qui tentent de venir vivre aux Etats-Unis.

Pour autant, les autorités américaines ne sont pas en reste pour tenter de décourager ces centaines de milliers d’hommes et de femmes qui tentent de rejoindre cet El Dorado américain Malgré l’ALENA, en presque 15 ans, les progrès sociaux n’ont pas pu réduire le flux régulier de migrants. Tout le long de la frontière, des centaines de morts chaque mois, de disparus, s’additionnent dans une sorte de comptabilité macabre. De nombreux trafics plus ou moins mafieux utilisent la détresse de ces hommes et femmes qui tentent de passer la frontière : trafic de drogue, prostitution, réseaux de passeurs Tout cela contribue à créer les conditions d’une mortalité importante, mais aussi à représenter des gains financiers pour quelques personnes et groupes. Un mur à la frontière L’ensemble de ce dispositif humain qui vise à surveiller cette frontière ne peut stopper les migrations. Bush, sensible aux revendications des milices et idées politiques qu’elles véhiculent, décide au cours de l’année 2006 d’autoriser le lancement de la construction d’un mur le long de cette frontière.